
Tu vois ce moment où tu te poses enfin ? La journée est finie, tu as fait à peu près tout ce que tu avais à faire (enfin, suffisamment pour décider que le reste peut attendre demain) et théoriquement, c'est bon. Tu peux souffler.
Sauf que non.
Parce que pendant que tu es tranquillement installée dans ton canap', ta tête vient de se rappeler que tu n'as toujours pas pris ce rendez-vous. Et puisqu'on parle de rendez-vous, il faudra penser à décaler celui de jeudi parce que jeudi… ah oui, jeudi tu as ce truc au boulot. Et ce truc au boulot, d'ailleurs : tu n'as pas beaucoup aimé la façon dont ta collègue t'a parlé hier. C'était bizarre, non ? Peut-être qu'elle était juste pressée. Ou peut-être pas.
Bref, te voilà partie.
Si tu es en train de chercher "pourquoi je pense tout le temps" ou "comment arrêter de ruminer" sur Google à 23h, un mardi, en mode zombie , je te rassure tout de suite : tu n'es ni folle, ni "trop sensible", ni cassée. Ton cerveau fait juste un truc très précis, et hyper répandu.
Le cerveau qui garde 40 onglets ouverts en arrière-plan
C'est assez dingue quand on y pense : on peut être parfaitement immobile derrière un bureau et avoir l'impression d'avoir couru toute la journée et même que ça continue quand tu n'y es plus. Parce qu'en vrai, parfois, la journée ne s'arrête jamais vraiment. Ta tête, c'est un peu comme un ordinateur qui rame : t'as beau fermer les fenêtres une par une, il reste toujours 40 onglets ouverts en arrière-plan, et c'est eux qui bouffent toute la mémoire.
Pas forcément avec de grandes angoisses ou des pensées terribles. C'est même souvent beaucoup plus banal que ça : un mélange de trucs importants, de trucs complètement cons, de choses qui pourraient arriver, de choses qui sont déjà arrivées et sur lesquelles, soyons claires, tu n'as désormais absolument plus aucun pouvoir. Mais tu y retournes quand même, juste au cas où la huitième analyse de cette conversation apporterait une information capitale que les sept premières auraient ratée.
On ne sait jamais.
Et évidemment, il y a toujours quelqu'un qui te dit « Arrête d'y penser » ah bah oui, merci, tu n'y avais pas pensé.
Ruminations mentales : pourquoi ça tourne autant
Je crois que ce qui est vraiment fatigant là-dedans, ce n'est pas d'avoir beaucoup de pensées. On en a tous. C'est plutôt cette impression que tout mérite ton attention : le mail auquel tu dois répondre et le petit changement de ton de quelqu'un, le rendez-vous à prendre et cette décision que tu devras peut-être prendre dans six mois, ce qui se passe aujourd'hui et ce qui pourrait éventuellement se passer jeudi prochain si jamais machin décide de faire truc.
Tout arrive au même endroit. Et ta tête, bonne élève, traite les dossiers. Tous les dossiers. Même ceux que personne ne lui a demandé d'ouvrir. C'est probablement pour ça que tu peux te retrouver sous la douche en train de préparer les arguments d'une dispute qui n'a jamais eu lieu. Et le plus beau ? Tu peux la gagner. Personnellement, je suis toujours brillante et avec une excellente répartie dans les disputes imaginaires.
Alors on essaie de s'organiser. Des listes, un agenda, des rappels, des notes dans le téléphone, une liste qui rappelle de regarder la liste. Et ça peut réellement aider. Mais il y a des jours où tout est organisé et où, pourtant, ça continue de mouliner.
Spoiler : c'est souvent là qu'une bonne organisation ne suffit plus, et que ça se joue ailleurs que dans la tête. (On y revient plus bas.)
Si tout était simplement une question d'organisation, une bonne application et trois Post-it auraient réglé le problème depuis longtemps.
Tu n'es pas qu'une tête
Voilà un truc tout bête, mais qu'on oublie facilement : tu n'es pas obligée de vivre 24h/24 dans ta tête. Il y a aussi ton cœur et ton corps sauf qu'on a pris la sale habitude de ne demander son avis qu'à la tête, en boucle, sur tout, pendant que les deux autres attendent qu'on veuille bien les écouter.
La tête, elle, fait toutes les heures sup' : elle analyse, elle prévoit, elle vérifie deux fois, elle refait le match. Le cœur, lui, sait souvent, parce qu'il "ressent" bien avant que la tête ait fini son tableau Excel des pour et des contre. Et le corps te balance des infos en vrac : le ventre qui se noue, la fatigue qui tombe d'un coup rien qu'à l'idée d'un rendez-vous, avant même que tu saches pourquoi.
Ce n'est pas de la magie, et je ne vais pas te sortir un « écoute ton cœur »
C'est juste que toi, en entier, tu n'es pas QUE une tête. Et parfois, la meilleure info que tu peux avoir sur toi n'est pas une pensée mais un signal qui vient d'ailleurs.
Ce que j'ai vu, côté soignant, avant de faire de l'hypnose mon métier
Vingt-sept ans à l'hôpital, ça m'a appris un truc : les gens qui tiennent le plus longtemps sur la tête sont souvent ceux qui craquent le plus fort, le plus tard, et le plus silencieusement. Le mental qui tourne en boucle, c'est un système de vigilance qui a fini par se coincer en position "on". Et ça, ni la logique ni le café ne le règlent.
C'est exactement le terrain où l'hypnose fait un truc que le mental seul ne peut pas faire : elle ne discute pas avec la pensée, elle change le canal. Le corps se pose, et souvent la tête suit , parce que dans le fond, tête, cœur et corps, c'est une seule et même équipe qui a juste arrêté de bien communiquer.
Alors, on arrête de penser ?
Je ne vais certainement pas terminer cet article par « 5 techniques pour arrêter de penser » ,déjà parce que tu serais probablement en train de penser très fort à bien les appliquer, ce qui serait assez ironique. Et puis parce que je ne suis pas sûre que l'objectif soit d'arrêter de penser. Peut-être qu'il s'agit plutôt, de temps en temps, de ne pas suivre chaque pensée qui passe.
Il y en a une qui arrive : « Et si demain…? ». D'accord, c'est une pensée qui est là. Est-ce qu'elle a besoin de toi maintenant ? Est ce que tu peux agir tout de suite sur cette hypothètique situation?
Toutes les pensées n'ont pas besoin d'une réponse (et encore moins immédiatement). Toutes les questions n'ont pas besoin d'être résolues ce soir. Et tous les « et si » ne méritent pas qu'on leur déroule le tapis rouge.
La prochaine fois que ta tête recommence à tourner en boucle, tu peux commencer par une seule question : est-ce que j'ai réellement besoin de m'occuper de ça maintenant ?
Et si la réponse est non, eh bien, le dossier sera encore là demain. Promis. Ta tête sait très bien où elle l'a rangé et au pire, tu peux le poser sur un bout de papier si tu veux être sur d'y revenir.
Il y a un moment où ça ne suffit plus de se poser cette question parce que la tête a pris l'habitude de tout traiter, et qu'elle ne sait plus comment s'arrêter.
C'est exactement ce qu'on travaille en séance : pas convaincre le mental de se taire, mais réveiller TOUTES tes ressources pour trouver l'équilibre

Cabinet de thérapie par l'hypnose
Stéphanie BOUTILLOT
Infirmière, hypnothérapeute, psychopraticienne
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